Pour un « mécanisme concret, compréhensible et efficace »

Le chantier de la recertification périodique des médecins, relancé par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a fait débat lors de la convention de printemps du Centre national des professions libérales de santé (CNPS), organisée le 22 mars à Paris.

Invité à débattre, le 22 mars, le Dr Philippe Vermesch, Président du Syndicat des médecins libéraux (SML), a rappelé les « vives inquiétudes » ressenties par les professionnels à l’annonce de cette mesure de recertification des médecins. Pour mémoire, celle-ci vise à favoriser l'actualisation régulière des pratiques des médecins tout au long de leur parcours. Et ce, afin de « garantir aux patients une même sécurité et pertinence de leur prise en charge », a rappelé Agnès Buzyn, en février dernier, à l’occasion du lancement d’un comité de pilotage sur ce sujet. Comité dont les syndicats médicaux représentatifs sont exclus, ce que le Dr Vermesch a de nouveau déploré* : « Ils ne sont pas convoqués alors qu’ils sont les premiers à savoir ce qu’il se passe sur le terrain ! »

La crainte d’une « usine à gaz »

Craignant une « usine à gaz », il a par ailleurs appelé de ses vœux un « système simple et organisé par les pairs ». Et de pointer du doigt l’actuel système de formation continue géré par l’Agence nationale du DPC (ANDPC), « très compliqué » et « doté d’un financement insuffisant ». Selon Philippe Vermesch, « si nous voulions un financement adéquat, dans la norme européenne, il faudrait, rien que pour les médecins, 500 millions d’euros au lieu de 80 aujourd’hui ». Il a aussi proposé que la recertification soit « relativement générale » et « s’appuie sur un faisceau de présomptions », en particulier, un « taux de sinistralité dans la norme », le « respect de l’obligation de formation continue » etc.

Des propositions d’ici la fin de l’année

Yves Matillon, membre du comité de pilotage de la recertification, s’est, quant à lui, voulu rassurant. Il a souscrit à l’idée de « correctement intégrer les professionnels de terrain dans les discussions ». Il a reconnu que dans les grands pays étrangers où le principe de la recertification « marche », comme en Grande-Bretagne, les acteurs professionnels ont un rôle « prédominant ». Il sera par ailleurs « vigilant » et veillera à ce que le mécanisme choisi pour la recertification des praticiens « soit un mécanisme concret, compréhensible et efficace ». Le comité adressera d’ailleurs un certain nombre de propositions relatives à ce mécanisme d’ici la fin de l’année.

* Pour en savoir plus sur la composition du comité :
http://solidarites-sante.gouv.fr/professionnels/se-former-s-installer-exercer/recertification-medecins/article/la-composition-du-comite-de-pilotage